Não sabem o que é o sol?

efeitos_solares
A prova de que o Sol envelhece a pele escarrapachada na cara de um camionista

gold_cracks

«Lawrence nous dit qu’il y a bien, en gros, trois manières d’être en rapport avec le soleil.

Il y a des gens sur la plage, ceux-là ne comprennent pas, ils ne savent pas ce que c’est que le soleil, ils vivent mal. S’ils comprenaient quelque chose au soleil, après tout, ils en sortiraient plus intelligents et meilleurs. Mais dès qu’ils se sont habillés, ils sont aussi teigneux qu’avant.

Qu’est-ce qu’ils font du soleil, à ce niveau? Ils restent au premier genre (…). Ça, c’est le soleil du premier genre de connaissance que je traduis sous la formule naïve: “oh, le soleil, j’aime ça”. (…)

A partir de quand, est-ce qu’avec le soleil, à partir de quand je peux commencer authentiquement à dire “je”? Avec le second genre de connaissance, je dépasse la zone de l’effet des parties les unes sur les autres. J’ai acquis comme une espèce de connaissance du soleil, une compréhension pratique du soleil.

Qu’est-ce que ça veut dire cette compréhension pratique? Cela veut dire que je devance, je sais ce que veut dire tel événement minuscule lié au soleil, telle ombre furtive à tel moment; je sais ce que ça annonce. Je n’en suis plus à enregistrer des effets du soleil sur mon corps. Je m’élève à une espèce de compréhension pratique des causes, en même temps que je sais composer des rapports de mon corps avec tel ou tel rapport du soleil. (…) Il y a le soleil qui ne reste pas immobile.

Qu’est-ce que c’est que cette connaissance du second genre? Il va complètement changer la position de son chevalet, il ne va pas avoir avec sa toile le même rapport selon que le soleil est en haut ou que le soleil tend à se coucher. Van Gogh peignait à genoux. Les couchers de soleil le forcent à peindre presque couché pour que l’oeil de Van Gogh ait la ligne d’horizon le plus bas possible. A ce moment là, avoir un chevalet ne veut plus rien dire. Il y a des lettres de Cézanne où il parle du mistral: comment composer le rapport toile-chevalet avec le rapport du vent, et comment composer le rapport du chevalet avec le soleil qui décline, et comment finir de telle manière que je peindrais par terre, que je peindrais ventre à terre? (…)

Je n’en suis plus à l’effet des particules de soleil sur mon corps, j’en suis à un autre domaine, à des compositions de rapport. Et à ce moment là, je ne suis pas loin d’une proposition qui nous aurait paru folle au premier degré, je ne suis pas loin de pouvoir dire: «le soleil, j’en suis quelque chose». J’ai un rapport d’affinité avec le soleil. Ça, c’est le second genre de connaissance. Comprenez qu’il y a, au second genre, une espèce de communion avec le soleil. Pour Van Gogh, c’est évident. Il commence à rentrer dans une espèce de communication avec le soleil.

Qu’est-ce que ce serait le troisième genre? Là, Lawrence abonde. En termes abstraits, ce serait une union mystique.

Toutes sortes de religions ont développé des mystiques du soleil. C’est un pas de plus. (…) Est-ce que c’est ça les métaphores du soleil chez les mystiques? Mais ce ne sont plus des métaphores si on le comprend comme ça, ils peuvent dire à la lettre que Dieu est soleil. Ils peuvent dire à la lettre que «je suis Dieu» [*]. Pourquoi? Pas du tout qu’il y ait identification.

C’est qu’au niveau du troisième genre on arrive à ce mode de distinction intrinsèque. C’est là qu’il y a quelque chose d’irréductiblement mystique dans le troisième genre de connaissance de Spinoza: à la fois les essences sont distinctes, seulement elles se distinguent à l’intérieur les unes des autres.

Si bien que les rayons par lesquels le soleil m’affecte, ce sont des rayons par lesquels je m’affecte moi-même, et les rayons par lesquels je m’affecte moi-même ce sont les rayons du soleil qui m’affectent. C’est l’auto-affection solaire. En mots, ça a l’air grotesque, mais comprenez qu’au niveau des modes de vie c’est bien différent.

Lawrence développe ces textes sur cette espèce d’identité qui maintient la distinction interne entre son essence singulière à lui, l’essence singulière du soleil, et l’essence du monde». 

 

Deleuze (Cours Vincennes sur Spinoza, 24/03/1981)

* Eventual alusão ao místico sufi Mansur Al-Hallaj (tendo também sido o caso de Jesus) condenado à morte por ter declarado “Eu sou a Verdade Divina” (Ana al-Haqq):

أنا الحق.

Advertisements

2 thoughts on “Não sabem o que é o sol?

  1. olha o caraças!
    Je comprend (??) pas le français… mas tem qualquer coisa a ver com a construção/existência de uma terceiro género, não é…
    :P
    bjs

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s