Jogar, não à câmara clara, mas ao quarto escuro

«Leibniz ajoute: chaque sujet est miroir du monde sous son point de vue. (…) Nous précisions juste qu’il faut comprendre “miroir” comme un miroir concave. Tout ce qui précède le justifie, l’adjonction de la concavité. (…) À l’âge baroque, la chambre obscure prend pour tous les arts une importance déterminante. Ce qu’est une chambre obscure dans le détail de son mécanisme, vous le trouverez, par exemple il y a un livre de Sarah Kofman qui s’appelle “Camera oscura” , l’avantage de ce livre c’est que dans un appendice il donne un texte du dix-huitième siècle qui décrit en détail c’est donc précieux pour nous, une description du dix-huitième siècle de la chambre obscure. Vous voyez c’est une petite pièce dans laquelle l’individu, par exemple le peintre s’introduit, et il va recevoir la lumière par une ouverture cylindrique dans le haut, donc il y a bien une ouverture, mais cette ouverture est réglée par, ou la lumière qui arrive par cette ouverture est réglée par un jeu de miroirs inclinables, et suivant la position que le peintre veut donner à son tableau par rapport aux objets modèles qui arrivent par le miroir, suivant qu’il veut une position perpendiculaire du tableau, parallèle ou oblique, il y aura tout un jeu d’inclinaison des miroirs. Vous reconnaissez aussi le thème leibnizien de la monade miroir de la ville, et là aussi c’est très étonnant que ne s’impose pas la comparaison, la confrontation avec la chambre obscure, lorsqu’il nous dit : la monade, miroir de la ville. C’est directement la chambre obscure. Or est essentiel que, à l’âge baroque, la chambre obscure sera l’objet d’une utilisation systématique chez certains peintres, par exemple Le Caravage».

«Leibniz est fasciné par l’Orient, il cite souvent Confucius. (…) Leibniz connaît le “go” (…) et dans une petit texte très étonnant il fait un parallèle entre le go et les échecs, et il dit que, finalement, il y a deux sortes de jeux. Il ne le nomme pas “go”, il dit “un jeu chinois”, et il dit que la grande différence entre le go et les échecs – et il dit une chose très juste-, c’est que les échecs ça fait partie des jeux où il s’agit de prendre. On prend les pièces. Vous voyez la classification des jeux qui s’esquisse, on ne les prend pas de la même manière aux échecs et aux dames, donc il y a plusieurs modes de capture; mais c’est des jeux de capture. Tandis que le go il s’agit d’isoler, de neutraliser, d’entourer, pas du tout de prendre, d’inactiver».

«… je dis cherchons des exemples où le désir apparaît bien comme processus se déroulant sur le corps sans organes pris comme champ d’immanence ou de consistance du désir, et là, on pourrait mettre le guerrier chinois antique; et encore une fois, c’est nous occidentaux, qui interprétons les conduites sexuelles du chinois antique comme du chinois taoïste, en tous cas, comme un retard de jouissance. Il faut être un sale européen pour comprendre les techniques taos comme ça; c’est au contraire: arracher le désir à ses pseudo-finalités de plaisir pour découvrir l’immanence propre au désir dans son appartenance à un champ de consistance. Ce n’est pas du tout retarder la jouissance. Mais je pourrais mettre aussi bien dans nos civilisations – voir ceux qui travaillaient sur le masochisme -, par exemple certaines techniques masos. Le tao chinois, le maso occidental, là aussi on l’interprète comme opérant des phénomènes de retard de jouissance alors que son opération c’est découvrir un processus immanent au désir, tel que le désir ne se rapporte plus au plaisir. Tout le problème c’est justement ce qui, dans la Chine Taoïste, apparaît comme absence de toute perversion, comme une activité désirante sans perversion, le champ des perversions étant complètement extérieur à cela, dans nos sociétés, en tous cas dans le cas du maso, l’équivalent ne peut apparaître que comme perversion. Il est évident que l’économie générale du désir n’est pas la même».

«There’s a book from which one can learn many things, entitled “Sexual Life in Ancient China“. This book shows clearly that manuals of love and manuals of military strategy are indiscernible, and that new strategic and military statements are produced at the same time as new amorous statements».

 

Excerpts from several Deleuze’s courses

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