Il n’y a pas besoin d’être fou pour délirer

«Si vous prenez un délire, c’est quelqu’un qui, à travers un champ historico mondial, à travers un champ historique et social, trace ses lignes. Alors c’est, c’est la même chose que le processus qui nous emporte. (…)

Ensuite, dans la mesure où Masoch personnellement développe, à certains moments, un véritable délire, ce délire, il consiste en quoi ? Ce délire, ce n’est pas simplement un délire, c’est aussi une politique. (…)

Et il n’y a pas besoin d’être fou pour délirer. (…)

Et voilà pourquoi le masochisme recueille, quand il se met à délirer l’histoire, pique deux points. Il pique le problème de l’amour courtois. Or l’amour courtois, c’était quoi ? C’est là une époque historique, pourquoi à telle époque ? pourquoi dans telle civilisation ? l’amour courtois qui me semble avoir été un phénomène ayant une très très grande importance, l’amour courtois se propose quoi ? Il se propose une drôle de chose. Il se propose d’éliminer ce qu’on appelle aujourd’hui, et la Loi, et le Bien, et le Plaisir. Au profit de quoi ? Au profit d’une permanence et d’une subsistance du désir, et d’un désir arrivé à un plan où le désir ne manque de rien et se reproduit lui-même. Construire pour le désir une espèce de champ d’immanence.».

– Deleuze, Cours, 27/05/1980

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