Danser, imortelle liberté

«On a fait manger le corps humain,
on l’a fait boire,
pour s’éviter
de le faire danser».

– Antonin Artaud, Le Théâtre de la Cruauté (10 novembre 1947), in Œuvres, p. 1656.

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Il n’y a la peste,
le choléra,
la variole noire
que parce que la danse
et par conséquent le théâtre
n’ont pas encore commencé à exister
[…]
La terre se peint et se décrit
sous l’action d’une terrible danse
à qui on n’a pas encore fait donner
épidémiquement tous ses fruits.

– Antonin Artaud, Pour en finir avec le jugement de dieu (1948), in Œuvres, pp. 1660-61.

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«En d’autres termes, le théâtre doit poursuivre, par tous les moyens, une remise en cause non seulement de tous les aspects du monde objectif et descriptif externe, mais du monde interne, c’est-à-dire de l’homme, considéré métaphysiquement. Ce n’est qu’ainsi, croyons nous, qu’on pourra encore reparler au théâtre des droits de l’imagination. Ni l’Humour, ni la Poésie, ni l’Imagination, ne veulent rien dire, si par une destruction anarchique, productrice d’une prodigieuse volée de formes qui seront tout le spectacle, ils ne parviennent à remettre en cause organiquement l’homme, ses idées sur la réalité et sa place poétique dans la réalité».

– Antonin Artaud, Le Théâtre et la Cruauté, premier manifeste (publié dans NRF en octobre 1932), part du Théâtre et son Double, in Œuvres, p. 560.

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«L’homme est malade parce qu’il est mal construit. Il faut se décider à le mettre à nu pour lui gratter cet animalcule qui le démange mortellement, dieu, et avec dieu ses organes, oui, ses organes, tous ses organes… car liez-moi si vous le voulez, mais il n’y a rien de plus inutile qu’un organe. Lorsque vous lui aurez fait un corps sans organes, alors vous l’aurez délivré de tous les automatismes et rendu à sa véritable et immortelle liberté. Alors, vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette et cet envers sera son véritable endroit.»

– Antonin Artaud, “Pour en finir avec le jugement de Dieu”

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«Le corps humain a assez de soleils, de planètes, de fleuves, de volcans, de mers, de marées sans encore aller chercher ceux de la soi-disant extérieure nature et d’autrui.»

– Antonin Artaud, Lettre à André Breton (1947), in Œuvres, pp. 1209-1210.

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