Rompre le cercle

«En effet, nous avons le tort de croire que le vrai et le faux concernent seulement les solutions, ne commencent qu’avec les solutions. Ce préjugé est social (car la société, et le langage qui en transmet les mots d’ordre, nous « donnent II des problèmes tout faits, comme sortis des «cartons administratifs de la cité ll, et nous imposent de les « résoudre », en nous laissant une maigre marge de liberté). Bien plus, le préjugé est infantile et scolaire : c’est le maître d’école qui (c donne» des problèmes, la tâche de l’élève étant d’en découvrir la solution. Par là nous sommes maintenus dans une sorte d’esclavage».

«Et si la société se fait obéir, c’est grâce à la fonction fabulatrice, qui persuade à l’intelligence qu’il est de son intérêt de ratifier l’obligation sociale».

«…quelque chose d’extraordinaire se produise ou s’incarne: l’émotion créatrice. Celle-ci n’a plus rien à voir avec les pressions de la société, ni avec les contestations de l’individu. Elle n’a plus rien à voir avec un individu qui conteste ou même invente, ni avec une société qui contraint, qui persuade ou même fabule (1). Elle s’est seulement servie de leur jeu circulaire pour rompre le cercle»

– Deleuze, “Le bergsonisme”

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