Tout tremble, toujours, toujours

«Je vous écris du bout du monde. Il faut que vous le sachiez. Souvent les arbres tremblent. On recueille les feuilles. Elles ont un nombre fou de nervures. Mais à quoi bon? Plus rien entre elles et I’arbre, et nous nous dispersons gênées. Est-ce que la vie sur terre ne pourrait pas se poursuivre sans vent? Ou faut-il que tout tremble, toujours, toujours?
Il y a aussi des remuements souterrains, et dans la maison comme des colères qui viendraient au-devant de vous, comme des êtres sévères qui voudraient arracher des confessions. On ne voit rien, que ce qu’il importe si peu de voir. Rien, et cependant on tremble. Pourquoi?»

[Eu vos escrevo do fim do mundo. É preciso que vocês o saibam. Muitas vezes, as árvores tremem. Nós recolhemos as folhas. Elas têm um número insano de nervuras. Bem, mas para quê? Nada mais entre elas e a árvore, e nós nos dispersamos perturbados. Será que a vida sobre a terra não se poderia prosseguir sem vento? Ou é necessário que tudo trema, sempre, sempre?
Há também remoinhos subterrâneos, e dentro da casa como cóleras que viriam adiante de vós, como seres severos que desejariam arrebatar confissões. Nós não vemos nada, senão que importa pouco ver. Nada, e no entanto nós trememos. Porquê?]

– Henri Michaux, “Plume précédé de lointain intérieur”, 1938.

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