Le problème de la bêtise

«La plus mauvaise littérature fait des sottisiers; mais la meilleure fut hantée par le problème de la bêtise, qu’elle sut conduire jusqu’aux portes de la philosophie, en lui donnant toute sa dimension
cosmique,
encyclopédique
et gnoséologique»
.
«Comme tant d’auteurs l’ont reconnu de manières diverses (Flaubert ou Lewis Carroll), le mécanisme du non-sens est la plus haute finalité du sens, de même que le mécanisme de la bêtise est la plus haute finalité de la pensée
.
«Il faut que la pensée, comme détermination pure, comme ligne abstraite, affronte ce sans fond qui est l’indéterminé. Cet indéterminé, ce sans fond, c’est aussi bien l’animalité propre à la pensée, la génitalilé de la pensée: non pas telle ou telle forme animale, mais la bêtise. Car, si la pensée ne pense que contrainte et forcée, si elle reste stupide tant que rien ne la force à penser, ce qui la force à penser n’est-il pas aussi l’existence de la bêtise, à savoir qu’elle ne pense pas tant que rien ne la force?».
.
– Deleuze, “Différence et Répétition”
.
«Il y a toutes sortes de degrés intermédiaires entre l’animal et l’homme, mais il s’est bien gardé de les mettre sous nos yeux. Au besoin il les a mis dans d’autres planètes de notre monde. Pourquoi? Parce que finalement c’était bon, c’était bon pour nous que nous puissions croire à l’excellence de notre domination sur la nature. Si on avait vu toutes les transitions entre la pire bête et nous, on aurait été moins vaniteux, alors cette vanité est quand même bonne parce qu’elle permet à l’homme d’asseoir son pouvoir sur la nature. (…) On passe notre temps à dire que les bêtes n’ont pas d’âme (Descartes), ou bien qu’elles ne parlent pas. Mais rien du tout : il y a toutes les transitions, toutes les petites définitions».
– Deleuze, 29/04/1980
.
«Je voudrais faire de la philosophie à la manière des vaches. (…) La lecture non philosophique, sans laquelle la lecture philosophique reste morte, c’est toutes sortes d’intuitions sensibles que vous devez faire naître en vous. (…) Vous ne pouvez faire vivre un philosophe que par la lecture non philosophique que vous en faites. (…) Je crois vraiment qu’il n’y a de lecture complètement philosophique que si vous la faites coexister avec une lecture non philosophique. C’est pour ça que la philosophie ce n’est pas du tout une chose de spécialistes; c’est à la fois une chose de spécialiste, et c’est en même temps une chose absolument de non spécialiste. Il faut maintenir les deux à la fois. Une bonne philosophie est éminemment chose de spécialistes puisqu’elle consiste à créer des concepts, mais elle est fondamentalement chose de non spécialistes parce que les concepts sont véritablement des dessins, des dessins d’intuitions sensibles. (…)»
– Deleuze, Cours
.
«Do you know which animal you are in the process of becoming and in particular what it is becoming in you, Lovecraft’s Thing or Entity, the nameless, ‘the intellectual beast’, all the less intellectual for writing with its wooden clogs, with its dead eye, its antennae and mandibles, its absence of face, a whole mob inside you in pursuit of what, a witch’s wind?»
– Deleuze, Dialogues
.
«A escrita alfabética não é feita para os analfabetos mas pelos analfabetos»
– Deleuze, Anti-Édipo.
Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s