Se é que pretendem ter graça

«La ironía y el humor forman esencialmente el pensamiento de la ley. Se  ejercen en vinculación con la ley y encuentran su sentido en relación con ella. (…)

…la ley hace posible al tirano. El tirano habla el lenguaje de las leyes y no tiene otro lenguaje.

– Deleuze, “Sacher-Masoch”.

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O documentário “O Riso dos Outros” mergulha no mundo da stand-up comedy, para debater, de forma dialéctica, o limite entre a piada normalmente aceite e aquela que é censurável por ser ofensiva. Mas, ao contrário do que se parece querer transmitir, esta não é uma alternativa entre um campo sujeito a normas e outro supostamente sem normas. Em vez disso, a actividade do comediante encontra-se sob pressão de duas normatividades, duas Leis: a lei do hábito que enraiza os preconceitos sociais e a lei escrita do poder judicial que busca sancionar e moralizar a primeira. Qual delas a pior? Venha o Diabo e escolha!

É preciso que se faça norma de uma contra-norma que preceitue aos comediantes que se mantenham equidistantes de toda e qualquer normatividade – em especial, daquelas duas normatividades -, e não poupem nenhuma, não tomem partido por nenhuma. Se é que pretendem ter “graça”…

Certa vez, fui encarregue de gerir um portal de milhares de anedotas. Devo confessar que a grande maioria não eram capazes de me fazer rir. Fáceis e banais por demais. Há gente que acha que, para ser engraçado, basta bater no ceguinho. Tenho os meus comediantes de eleição. Por exemplo, Erasmo de Roterdão (“Elogio da Loucura”, um dos livros mais cómicos que já li), Kafka (“Never has there been a more comic and joyous author from the point of view of desire“), Roberto Benigni (só um louco para fazer do Holocausto uma comédia), Larry David (um humorista que ri em primeiro lugar de si próprio), Lars Von Trier e Kiarostami (dois autores de cinema “sério” extremamente hilário)… É um facto que tendo a preferir o humor dito “judaico”, composto por aquelas piadas de várias camadas concebidas para atingir diferentes graus de agudeza de espírito, e cada pessoa ri, mesmo sem se aperceber, de coisas diferentes. O povo judeu teve um treino de milénios face à censura pela Lei, o que os tornou peritos em romans à clef, ou, neste caso, piadas com subterfúgios. Parecem bolos de casamento estas piadas e nem todos chegam ao sabor da cereja no topo do bolo. (Também há aqueles que nem sequer percebem a piada, mas são capazes de rir mecanicamente das anedotas do costume. Deve ser por isso que interromperam a transmissão da série do Larry David por cá…).

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“O Riso dos Outros” (2012), documentário dirigido por Pedro Arantes.

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«La vie n’est pas objet de jugement, la vie n’est pas jugeable, la seule manière par laquelle vous puissiez la faire passer en jugement c’est d’abord lui inoculer la tristesse. Et bien sûr on rit, je veux dire que le tyran peut rire, le prêtre rit, mais dit Spinoza dans une page que je trouve très belle, son rire c’est celui de la satire, et le rire de la satire c’est un mauvais rire. Pourquoi? Parce que c’est le rire qui communique la tristesse; On peut se moquer de la nature, le rire de la satire c’est lorsque je me moque des hommes. Je fais de l’ironie. L’espèce d’ironie grinçante, je me moque des hommes… La satire c’est une autre manière de dire que la nature humaine est misérable. Ah, voyez! Quelle misère, la nature humaine! C’est la proposition du jugement moral: ah! quelle misère la nature humaine! Ça peut être l’objet d’un prêche ou l’objet d’une satire. Et Spinoza, dans des textes très beaux, dit: “Justement ce que j’appelle une Éthique, c’est le contraire de la satire.”

Et pourtant il y a des pages très comiques dans l’Éthique de Spinoza, mais ce n’est pas du tout le même rire. Quand Spinoza rit, c’est sur le mode: Oh ! regardez celui-là, de quoi il est capable! ho ho! ça alors, on a jamais vu ça! Ça peut être une vilenie atroce, fallait le faire, aller jusque là. Ce n’est jamais un rire de satire, ce n’est jamais “voyez comme notre Nature est misérable!” Ce n’est pas le rire de l’ironie. C’est un type de rire complètement différent. Je dirais que c’est beaucoup plus l’humour juif. C’est très spinoziste ça, c’est vas-y, encore un pas de plus, ça j’aurais jamais cru qu’on aurait pu le faire! C’est une espèce de rire très particulier et Spinoza est un des auteurs les plus gais du monde. Je crois, en effet, que tout ce qu’il déteste c’est ce que la religion a conçu comme satire de la nature humaine. Le tyran, l’homme de la religion, ils font des satires, c’est-à-dire que, avant tout ils dénoncent la nature humaine comme misérable puisque il s’agit, avant tout, de la faire passer en jugement. Et, dès lors, il y a une complicité, et c’est ça l’intuition de Spinoza: il y a une complicité du tyran de l’esclave et du prêtre. Pourquoi ? Parce que l’esclave c’est celui qui se sent d’autant mieux que tout va mal. Plus que ça va mal, plus qu’il est content. C’est ça le mode d’existence de l’esclave! L’esclave, quelle que soit la situation, il faut toujours qu’il voit le côté moche. Le truc moche-là. Il y a des gens qui ont du génie pour ça: c’est ça les esclaves. Ça peut être un tableau, ça peut être une scène dans la rue, il y a des gens qui ont du génie pour ça. Il y a un génie de l’esclave et en même temps, c’est le bouffon. L’esclave et le bouffon. Dostoïevski a écrit des pages très profondes sur l’unité de l’esclave et du bouffon, et du tyran, ils sont tyranniques ces types-là, ils s’accrochent, ils ne vous lâchent pas… Ils ne cessent pas de vous mettre le nez dans une merde quelconque. Ils ne sont pas contents, il faut toujours qu’ils abaissent les trucs. Ce n’est pas que les trucs soient forcement hauts, mais il faut toujours qu’ils abaissent, c’est toujours trop haut. Il faut toujours qu’ils trouvent une petite ignominie, une ignominie dans l’ignominie, là ils deviennent roses de joie, plus que c’est dégueulasse plus qu’ils sont contents. Ils ne vivent que comme ça; ça c’est l’esclave! Et c’est aussi l’homme du remord et c’est aussi l’homme de la satire, c’est tout ça.

Et c’est à ça que Spinoza oppose la conception d’un homme fort un homme puissant, dont le rire n’est pas le même. C’est une espèce de rire très bienveillant, le rire de l’homme dit libre ou fort. Il dit : “Si c’est ça que tu veux, alors va y ! c’est rigolo, oui c’est rigolo!” C’est le contraire de la satire. C’est le rire éthique!»

– Deleuze, Cours sur Spinoza, 09/12/1980.

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«L’humour juif contre l’ironie grecque, l’humour Job contre l’ironie Œdipe, l’humour insulaire contre l’ironie continentale, l’humour stoïcien contre l’ironie platonicienne, l’humour zen contre l’ironie bouddhique, l’humour Proust contre l’ironie Gide (…).»

– Deleuze, “Entretiens”.

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