Les drames de notre époque

“Chronique d’un été” (1961), Jean Rouch et Edgar Morin

[30:55] «Pour moi, le travail c’est du temps perdu. (…) J’ admire, j’ envie ce que peut s’adapter en totalité. Moi, je suis réduit à une sorte de partage intérieur. Partager une part intime que j’abandonne et j’adapte. Je garde, je sauvegarde, ma part authentique. Je pense que le drame de notre époque c’est qu’ on choisit de moins en moins son travail. On n’entre pas dans quelque chose, on tombe dans quelque chose. Parce que, tout simplement, il faut avoir un poste, un emploi officiel, une carte d’identité, une carte de travail… Un homme aujourd’hui… Qu’est ce un homme? C’est un paquet de fards! Tout le monde ne peut être artiste ou artisan. C’est un malheur. Alors il faut vaincre l’ennui toute une journée, un travail qui n’a aucun intérêt, qui n’a aucun sens. Il faut subir jusqu’à six heures. Après six heures, on essaye de redevenir soi même. (…) Il faut diminuer sa participation au travail officiel et donner toujours davantage à côté, à la vie marginale. (…) Je crois à la vie, à la possibilité de s’ accomplir, envers tout.» – Jacques Gabillon.

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[1:12:00] «Chez-moi, les filles, déjà à l’ âge de six ans, elles commencent à vivre. Quand j’avais sept ans, déjà je savais faire la cuisine. Il faut apprendre.” – Landry (Côte d’ Ivoire)

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[48:27] Marceline Rosenberg (Loridan) is a Holocaust survivor. Rouch and the others joke about Marceline’s apparent racism, after her proclamation that she would never marry a black, not finding blacks sexually attractive, but remembering dancing with one particular man, whose way of dancing was extraordinary. Amidst the friendly taunting, Landry wishes that the French could like blacks for more than their dancing.