Qui n’attend, rien ne lui est caché

«Dans l’attente où il n’est plus rien qui puisse différer. L’attente est la différence qui a déjà repris tout différent. Indifférente, elle porte la différence.

Le perpétuel va-et-vient de l’attente: son arrêt. L’immobilité de l’attente, plus mouvante que tout mouvant.

L’attente est toujours cachée dans l’attente. Celui qui attend entre dans le trait caché de l’attente.

Ce qui est caché, cela s’ouvre sur l’attente, non pour se découvrir, mais pour y rester caché.

L’attente n’ouvre pas, ne ferme pas. Entrée dans un rapport qui n’est pas d’accueil, ni d’exclusion. L’attente est étrangère au mouvement se cacher-se montrer des choses.

Qui n’attend, rien ne lui est caché. Il n’est pas auprès des choses qui se montrent. Dans l’attente, toutes choses sont retournées vers l’état latent.»

– Maurice Blanchot, “L’Attente, l’Oubli”.

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