As três razões de Nietzsche a pretexto de Tales

«Die griechische Philosophie scheint mit einem ungereimten Einfalle zu beginnen, mit dem Satze: daß das Wasser der Ursprung und der Mutterschoß aller Dinge sei. Ist es wirklich nötig, hierbei stillezustehen und ernst zu werden? Ja, und aus drei Gründen: erstens weil der Satz etwas vom Ursprung der Dinge aussagt; zweitens weil er dies ohne Bild und Fabelei tut; und endlich drittens, weil in ihm, wenngleich nur im Zustande der Verpuppung, der Gedanke enthalten ist »alles ist eins«. Der erstgenannte Grund läßt Thales noch in der Gemeinschaft mit Religiösen und Abergläubischen, der zweite aber nimmt ihn aus dieser Gesellschaft und zeigt uns ihn als Naturforscher, aber vermöge des dritten Grundes gilt Thales als der erste griechische Philosoph.»

– Nietzsche, “Die Philosophie im tragischen Zeitalter der Griechen”, c. 1873.

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[A Filosofia grega parece começar com uma ideia absurda, com a proposição: a água é a origem e a matriz de todas as coisas.

É verdadeiramente necessário nisto nos determos e levarmos a sério?

Sim, e por três razões:

primeira, porque essa proposição diz algo sobre a origem das coisas;

segunda, porque ela o faz sem imagem nem fábula;

e, enfim, terceira, porque nela, ainda que somente em estado de crisálida, está contido o pensamento: “Tudo é Um”.

A primeira razão deixa Tales ainda em comunidade com religiosos e supersticiosos,

a segunda, porém, tira-o dessa sociedade e mostra-no-lo como investigador da Natureza,

mas, em virtude da terceira razão, qualifica-se Tales como o primeiro filósofo grego.]

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Sobre o “anti-humanismo” e o “trans-humanismo” de Foucault: mas quais?

O título aponta um défice de pormenor, mas ilustra sobejamente duas correntes de opinião que perpassam a academia. Ambas duvidosas.

Primeiro, pode usar-se o conceito “humanismo” (ou o seu inverso), universalmente, sem correr o risco de ser mal entendido? É-se sensível à diferença entre o humanismo da Renascença e o humanismo de tipo moderno que surge, segundo Foucault, no século XIX? Alguma vez este autor se expressou contra o gentiluomo renascentista? Alguma luz se faria se se distinguissem os diferentes humanismos para aferir que o “homem vitruviano” (re-actualizado por Da Vinci) está tão distante do homem de Lineu, quanto a nossa consciência está do cerne da Terra.

Que dizer do “trans-humanismo”? Falamos de um trans-humano que se exprime em infinitas mutações vivas à Chuang Tsé ou, pelo contrário, de um organismo finito protesicamente deformado segundo a opinião do estilista em voga no momento? Que vos parece, a “etopoiesis” de Foucault serviria uma fundamentação dos costumes, um museu do traje?

Que tais mitos alastrem só se pode explicar por uma espécie de insensibilidade, um não-estar-aí, apesar da aparência: não é o estar presente que conta, mas somente o re-presentar. Crê-se que a vida emprestada ao papel aumenta com a maquilhagem e o guarda-roupa. Mas, quanto maior a quantidade de capas, mais insensível se fica ao contacto.

El corazón de esta mesa


El Naán, “Panaderas de Pan Duro” (2014).

 

«Panaderas de pan duro
Hambre, piel, madera y vino
El corazón de esta mesa
Suena lo mismo que el mío

Tengo dos manos y un cazo
Una mesa y cuatro patas
Seis lentejas con dos piedras
Y una pena germinada

El cazo no tiene nada
La mesa canta de oído
Las dos piedras me las como
La pena se me ha podrido

Alrededor de una mesa
Cuando el plato está vacío
Es un manjar para el alma
La canción con su estribillo

No tengo nada en la olla
Escucha lo que te digo
No tengo mula ni torda
Ni padrino ni apellido

Tengo un cuartillo de vino
Unos ojos que me miran
Unos labios que me nombran
Y en el alma una fatiga

Tengo dos manos honradas
Tiernas y duras a un tiempo
Tengo ganas de cantar
Sembrar romero en el viento

Alrededor de una mesa
Cuando el plato está vacío
Es un manjar para el alma
La canción con su estribillo

Panaderas de pan duro
Arrulladas en alambre
Si las miras a los ojos
Se puede engañar el hambre

Panaderas de pan duro
Hambre, piel, madera y vino
El corazón de esta mesa
Suena lo mismo que el mío

Alrededor de una mesa
Cuando el plato está vacío
Es un manjar para el alma
La canción con su estribillo.»

Qu’est-ce que veut dire analytique?

«Les Hanunoo classent les formes locales de la faune avienne en 75 catégories… ils distinguent environ 12 sortes de serpents… 60 types de poissons… plus d’une douzaine de crustacés de mer et d’eau douce, autant de types d’araignées et de myriapodes… Les milliers de formes d’insectes sont groupés en 108 catégories dénommées, dont 13 pour les fourmis et les termites… Ils identifient plus de 60 classes de mollusques marins, et plus de 25 de mollusques terrestres et d’eau douce… 4 types de sangsues suceuses de sang… ».

«Presque tous les hommes énumèrent, avec la plus grande facilité, les noms spécifiques et descriptifs d’au moins 450 plantes, 75 oiseaux, de presque tous les serpents, poissons, insectes et mammifères, et même de 20 espèces de fourmis… (…) Aussi, 45 sortes de champignons comestibles (/. c, p. 231) et, sur le plan technologique, 50 types de flèches différents {id., pp. 265-268).»

«Un seul informateur Séminole identifie 250 espèces et variétés végétales (Sturtevant). On a recensé 350 plantes connues des indiens Hopi, plus de 500 chez les Navaho. Le lexique botanique des Subanun, qui vivent dans le sud des Philippines, dépasse largement i ooo termes (Frake) et celui des Hanunôo approche 2000 *. Travaillant avec un seul informateur gabonais, M. Sillans a récemment publié un répertoire ethnobotanique de 8 ooo termes environ, répartis entre les langues ou dialectes de 1 2 ou 13 tribus adjacentes (Walker et Sillans).»

«L’extrême familiarité avec le milieu biologique, l’attention passionnée qu’on lui porte, les connaissances précises qui s’y rattachent, ont souvent frappé les enquêteurs comme dénotant des attitudes et des préoccupations qui distinguent les indigènes de leurs visiteurs blancs. Chez les indiens Tewa du Nouveau-Mexique: “Les petites différences sont notées… ils ont des noms pour toutes les espèces de conifères de la région; or, dans ce cas, les différences sont peu visibles, et, parmi les Blancs, un individu non entraîné serait incapable de les distinguer… (…)” (Robbins, Harrington et Freire-Marreco, pp. 9, 12.)»

«E. Smith Bowen a plaisamment raconté son désarroi quand, dès son arrivée dans une tribu africaine, elle voulut commencer par apprendre la langue: ses informateurs trouvèrent tout naturel, au stade élémentaire de leur enseignement, de rassembler un grand nombre de spécimens botaniques qu’ils nommaient en les lui présentant, mais que l’enquêteur était incapable d’identifier, non pas tant à cause de leur nature exotique, que parce qu’elle ne s’était jamais intéressée aux richesses et à la diversité du monde végétal, alors que les indigènes tenaient une telle curiosité pour acquise.»

«… je suis aussi en un lieu où chaque plante, sauvage ou cultivée, a un nom et un usage bien définis, où chaque homme, chaque femme et chaque enfant connaît des centaines d’espèces.»

«La langue tewa utilise des termes distincts pour chaque partie ou presque du corps des oiseaux et des mammifères (Henderson et Harrington, p. 9.) La description morphologique des feuilles d’arbres ou de plantes comporte 40 termes, et il y a 15 termes distincts, correspondant aux différentes parties d’un plant de maïs. Pour décrire les parties constitutives et les propriétés des végétaux, les Hanunôo ont plus de 150 termes, qui connotent les catégories en fonction desquelles ils identifient lestantes « et discutent entre eux des centaines de caractères qui les distinguent, et souvent correspondent à des propriétés significatives, tant médicinales qu’alimentaires. » (Conklin J. p. 97.) Les Pinatubo, chez qui on a recensé plus de 600 plantes nommées, “n’ont pas seulement une connaissance fabuleuse de ces plantes et de leurs modes d’utilisation ; ils emploient près de 100 termes pour décrire leurs parties ou aspects caractéristiques.” (R. B. Fox, p. 179.)»

«… le chasseur Penobscot du Maine possède une meilleure connaissance pratique des mœurs et du caractère de l’original, que le plus expert zoologiste. Mais, quand nous apprécions à sa juste valeur le soin que les Indiens ont mis à observer et à systématiser les faits scientifiques se rapportant aux formes inférieures de la vie animale, on nous permettra de montrer quelque surprise.»

«Les produits naturels utilisés par les peuples sibériens à des fins médicinales illustrent, par leur définition précise et la valeur spécifique qu’on leur prête, le soin, l’ingéniosité, l’attention au détail, le souci des distinctions, qu’ont dû mettre en œuvre les observateurs et les théoriciens dans les sociétés de ce type (…)»

«De tels exemples, qu’on pourrait emprunter à toutes les régions du monde, on inférerait volontiers que les espèces animales et végétales ne sont pas connues, pour autant qu’elles sont utiles: elles sont décrétées utiles ou intéressantes, parce qu’elles sont d’abord connues.»

– Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage.